La floraison
Nous voici donc dans la période cruciale, la photopériodicité a été réduite à 12 h. En jardinage d’intérieur, la période florale dure de 7 à 10 semaines en fonction de l’origine de l’herbe et des conditions de montée du THC.
Il est très difficile de distinguer le sexe de la marijuana avant sa floraison. Dès que le cycle est amorcé (et même parfois avant), les mâles, qui étaient plus petits, vont grandir très vite pour essayer de dominer les femelles (la pollinisation en sera facilité); vous avez là un premier signe probant: les plantes dont l’augmentation de taille est significative quelques jours après réduction de la photopériode ont de forte chance d’être définitivement de sexe mâle. Ce sont les mâles qui vont fleurir les premiers. Leurs fleurs se développent en petites poches attachées près des fourches et en bas près de la tige. Elles sont sans pétales ; les sépales, qui forment le calice, sont au nombre de 5 et leur couleur se situe entre le jaune et le vert pale. Une fois les fleurs ouvertes, 5 petites étamines éclosent à part et laissent pendre, au bout des fils de la Vierge, des anthères qui dispenseront le pollen quand sera venu le moment de la fertilisation. Le processus de floraison est uniforme chez les plants mâles. La première fleur s’ouvre avant le lever du soleil, elle est située au 2ème tiers supérieur de la plante. La floraison se propage alors de la première fleur vers la périphérie et le sommet; elle progresse à vitesse constante. Au bout de 15 à 20 jours, sous lumière artificielle, le processus aura atteint sont terme, au premier courant d’air, un nuage de pollen sera largué et flottera vers les pistils femelles. Si vous voulez une qualité sans graine il sera indispensable de couper les mâles dès que vous les aurez décelés. Attention, si les anthères sont déployées et si leur surface montre de petits grains de pollen blanc, il ne restera plus que 12 heures avant le largage du pollen. Sortez, sans les remuer, les mâles du local, vous risqueriez de distribuer du pollen.
Cependant il peut vous arriver d’autres surprises, certains pieds femelles deviennent hermaphrodites pendant la floraison et peuvent s’autofertiliser et fertiliser les autres pieds, par conséquent soyez vigilant même après l’élimination de tous les mâles. Ces pieds ont les mêmes caractéristiques de floraison que les mâles, c’est à dire qu’il vous faut surveiller le 2ème tiers supérieur de la plante et couper la première fleur mâle dès sont apparition, tout en sachant qu’il y a de forte chance qu’elle repousse à nouveau; ce cas particulier n’est pas forcement de mise avec toutes les origines, dans le cas d’une graine d’origine thaïlandaise par contre vous pouvez vous attendre à rencontrer ce problème.
Les fleurs femelles ressemblent encore moins à des fleurs conventionnelles que les fleurs mâles. Elles sont structurellement très simples et consistent en un pistil duveteux, l’ovaire , qui se termine par 2 branches stylaires (ou styles, chargés de recueillir le pollen), et qui est entouré de feuilles spécialisées formant une petite coupe verte ouverte et pointée vers le haut (les américains nomment la bractée « cola »). Les fleurs femelles sont groupées et ces grappes, les buds, atteignent souvent des dimensions impressionnantes au niveau des sommités de la plante, une femelle pèse à maturité le double d’un plant mâle de même taille. Les fleurs femelles poussent par deux, il faut savoir qu’au moment de la fertilisation, une fleur de chaque couple meurt, voici donc une raison supplémentaire pour sélectionner une qualité « sensimilla ». Les fleurs changent en approchant de la période de fertilité. Les bractées vont tout d’abord s’ouvrir pour laisser émerger les styles, qui, au fil des jours vont attendre le pollen. Celui-ci ne venant pas, la plante va produire encore plus de résine odoriférante pour essayer désespérément d’attirer la semence (dans un langage quelque peu sexiste et macho, les cultivateurs sud-américains affirment qu’il faut « que les femelles mouillent »). Les styles vont brunir, quand vous aurez constaté ce brunissement il sera temps de prévoir la récolte dans un délai de 2 à 3 semaines. Quand les glandes résineuses situées sur les bractées commencent à se détériorer, que les feuilles situées près des buds sont brillantes et poisseuses, quand les styles du bas de la plantes ont brunis, quand les buds ne grandissent et qu’il n’y a aucun nouveau bud qui apparaît, la poussée de résine est à son apogée; vous remarquerez alors que les sommités semblent totalement cristallisées, inutile d’attendre plus longtemps c’est le moment tant mérité de la moisson.
Vous l’avez bien compris, le but du jeu est de favoriser la quantité et la qualité des buds; pour atteindre cet objectif, il existe certaines techniques.
La luminosité
La marijuana femelle ne fleurira que si elle dispose d’une période de nuit totale et ininterrompue d’au moins 12 h. Vous pouvez conservez ce cycle de 12 h jusqu’à la récolte, il vous est aussi possible de réduire encore de 2 h la photopériodicité pendant le dernier mois ou la dernière quinzaine. Il est impératif de ne pas couper ces périodes d’obscurité, si vous devez absolument intervenir dans le local, pendant la nuit artificielle, vous aurez pris soin d’installer une ampoule de couleur verte, lumière neutre pour les plantes chlorophylliennes. Si par le plus grand des malheurs vous rencontrez des problèmes de programmation, ou des coupures répétées de courant, il faudra vous attendre à une récolte prématurée; le bouleversement des cycles de photopériodicité peut en effet fortement perturber, si ce n’est stopper définitivement, la formation et la croissance des buds. Certains cultivateurs, qui travaillent avec des HPS, rajoutent des néons, lors de la floraison, pour accroître l’intensité lumineuse, il les placent horizontalement au niveau des premières branches. Cette lumière rasante qui correspond bien à la période automnale est bénéfique pour la croissance des buds secondaires ou intérieurs. A ce sujet, si des feuilles des sommités jaunissent, vous pourrez peut-être décentrer vos pots par rapport aux projecteurs. Opérez progressivement, écartez vos plantes du zénith au fur et à mesure de leur évolution vers la maturité totale.
L’engraissage
Vous devrez changer les proportions d’engrais pour aider la plante à fortifier ses sommités florales et fructifères. Les plantes en fleurs ont besoin d’un apport important en phosphore. Les proportions NPK seront les suivantes: 10-10-20 ou 10-20-30, comme vous le constatez dans les 2 cas la proportion d’azote a été réduite au profit du phosphore; les apports en potasse seront fonction de l’état général de vos plants (voir carences dans la partie végétation). Vous arrêterez l’engraissage 2 semaines avant de récolter. Attention, si vous utilisiez de l’engrais foliaire, il vous faudra passer à de l’engrais de sol, les buds encaissent très mal tout contact avec un élément autre que le pollen.
L’arrosage
Vos plantes requièrent à ce stade de leur vie une quantité d’eau plus importante, elle est située aux alentours de 75 cl à 1l à chaque arrosage. Si vous parvenez à assécher correctement votre local, la fréquence d’arrosage sera prévue tous les 2 à 4 jours. A partir du second mois de floraison (4ème mois de vie vous avez la possibilité d’espacer vos arrosages pour obliger la plante à tirer sur ses racines et l’habituer à l’assèchement définitif du sol. En effet 15 jours avant la moisson, vous arroserez pour la dernière fois. Donnez une copieuse quantité d’eau, vos plants devront s’en contenter pendant 2 semaines. Cet assèchement du sol fera augmenter la production de résine. Le deuxième avantage du pré-séchage sur pied se situera au niveau des conditions de séchage: votre ainsi récoltée sera moins humide donc plus facile et plus rapide à faire sécher. Il vous sera impossible pendant la période florale de procéder à des douches, les sommités sont très fragiles et supportent mal l’humidité résiduelle.
La ventilation
Cet aspect de la culture intérieure revêt ici un caractère essentiel. Votre souci constant lors de la floraison sera d’assécher au maximum l’atmosphère du local. Plus l’air sera sec, plus les plantes produiront de résine. L’hygrométrie relative de la pièce devra donc se situer au dessous de 50%, 20 à 30% en fin de floraison représenteraient une diminution qui serait un atout supplémentaire quant à la qualité future de votre herbe. Les périodes de ventilation et d’aération seront plus longues et plus fréquentes, vous les augmenterez progressivement. Si vous ne parvenez pas à déshumidifier correctement votre local, vous pourrez essayer d’installer des récupérateurs d’humidité (placez en un à chaque coin de la pièce); ces bacs contiennent des silicates qui captent la vapeur d’eau. Cette méthode est efficace si vous n’oubliez pas de vider les bacs qui ont récupéré l’eau et si vous changez en temps voulu les recharges de sel de silice.
Les soins
Vous maintiendrez un espace de vie convenable entre vos pots (une coudée entre les branches latérales de 2 plantes étant le minimum à respecter), n’oubliez pas que vos plantes ne doivent pas être en concurrence, qu’elles doivent vivre en harmonie, ce qui implique un espace vital (respiratoire suffisant.
Vous pourrez pour améliorer la qualité des buds, procéder à une opération qui se nomme le bending. Cette méthode consiste à plier les branches porteuses au moyen d’entraves fixées au sol, sur la branche même ou sur d’autres branches. Vous « ouvrirez » ainsi le plant ce qui permettra à la lumière de mieux pénétrer le feuillage et de mieux atteindre les buds situés plus bas. Cet apport « intérieur » assurera une explosion des buds inférieurs. Il vous permettra en outre de diminuer la taille de vos plants ce qui peut se révéler fort utile (n’oubliez pas de réajuster les luminaires).
Le bending simple
Pour rendre un pied plus trapu, il faut sectionner son sommet. Vous apercevez en noir la silhouette qu’aurez eue ce plant sans cette opération
Autre méthode, cette fois-ci à partir d’une branche. Tordez progressivement en formant une spirale
Quels que soient les soins que vous devrez pratiquer, évitez tout contact avec les buds. Ne les touchez pas, l’acidité de votre peau les détruirez. si vous devez absolument intervenir pour procéder par exemple au bending, vous prendrez la peine de porter des gants stériles (gants de chirurgiens). En règle générale, contentez-vous de humer les sommités avec délectation et de les admirez avec envie. Il est déconseillé de procéder à la moindre taille de vos buds principaux avant la récolte définitive; si vous voulez goûter le produit de vos efforts pour déterminer par exemple la qualité de votre herbe et fixer le moment de la récolte, réservez-vous une inflorescence située au milieu de la plante. Soyez patients, il ne reste plus beaucoup de temps à attendre avant de vous éclater sans réserves.
La cristallisation a atteint son maximum, la courbe de montée de THC est à son apogée. C’est le moment de récolter.